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Ze blog off de Philippe Mugnier

Tourisme : un ministère aux étranges affaires...

Publié le 14 Mai 2014 par Philippe MUGNIER dans Politique

Le pèlerin est la première forme historique de touriste et trouver la juste place à son ministère a toujours relevé d’un chemin de croix aux voies gouvernementales impénétrables. Le portefeuille du tourisme a cela de particulier qu’il change toujours de place pour se retrouver dans l’idéologie politique dominante du moment : tantôt à l’aménagement du territoire, de l’équipement ou des transports, tantôt à la qualité de la vie ou du temps libre, ou encore à la culture, à l’environnement ou l’industrie,… C’est la nature vagabonde et nomade du touriste qui veut cela : libre, insaisissable, inclassable et bien accueilli par principe quoique souvent préféré chez le voisin. Case ministérielle difficile à trouver car à chaque remaniement se posent les mêmes questions existentielles pour cette industrie : qui est-elle, que pèse-t-elle, où va-t-elle, et surtout…l’aime-t-on ? La première phase des Assises du Tourisme n’aura pas apporté l’amour gouvernemental attendu pour honorer cette « Grande cause nationale ». De là à penser que l’industrie ne mériterait qu’un (sous) ministère d’affaires étrangères aux politiques, il n’y a qu’un pas! Pour mieux faire passer la pilule de la valse gouvernementale, il a fallu le dire avec des fleurs. En ce printemps électoral de repli sur soi, un signal fort est donc venu : globalisation toute et vive l’étranger ! Celui qu’on reçoit en France et achète notre Camembert à Sao Paulo, celui rencontré à l’extérieur de nos frontières ou celui qui l’est devenu en s’expatriant. Pour couronner ce triptyque Commerce Extérieur- Promotion du Tourisme - Français de l’Etranger, une Secrétaire d’Etat née en dehors de l’Hexagone - bien vu ! Rattachée au Quai d’Orsay, la politique du tourisme se calibre donc à l’aune du développement international et de la balance commerciale en synergie avec nos meilleurs ambassadeurs et visiteurs les plus fidèles: les expatriés. Gageons que l’intitulé du Secrétariat d’Etat qui met l’accent sur l’activation de la demande internationale n’oublie pas le travail de fond sur l’offre et le business franco-français. Si la croissance des Grands Magasins s’arrache pour beaucoup en Corée, celui des palais des congrès, hôtels et agences MICE françaises se consolide pour l’essentiel auprès des entreprises du coin. Quant aux grands événements, ils construisent l’attractivité de la France pour indirectement vendre plus de camembert. En attendant le prochain remaniement qui créera – sait-on jamais - un grand Ministère de la Mobilité, veillons à ce que toutes ces affaires-là ne lui soient pas trop étrangères...

 

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