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Ze blog off/de Philippe Mugnier-Eté

coup de gueule

Grassetment payé : le méprix littéraire des auteurs

Publié le 20 Avril 2026 par Philippe Mugnier dans Coup de gueule, Marketing, Politique

Grassetment payé : le méprix littéraire des auteurs

Je n’ai aucune sympathie intellectuelle ou politique particulière pour Monsieur Bolloré et je ne suis nullement dupe de ses visées "civilisationnelles", qu’il ne prend même plus la peine de dissimuler. Donc acte, il faut au moins lui reconnaître le mérite de la transparence. Mais les derniers rebondissements de l’affaire Grasset me mettent mal à l’aise pour une autre raison.

Car enfin, de quoi parle-t-on exactement ? D’une maison historique au nom et catalogue prestigieux certes (bien qu'elle publie aussi parfois des essais décevants, malgré leur signature alléchante, visiblement vite et mal écrits, avec des coquilles persistantes), mais qui pèse à peine 12 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une PME, en somme, comme il y en a pas mal à tous les coins de rue de Paris et de province, sans vouloir manquer de respect pour cette noble institution qu'est Grasset. La maison doit ainsi certainement vendre moins de deux millions de livres annuellement, soit moins de 0,5% de part du marché national. Cet ordre de grandeur suffit déjà à relativiser les trémolos sur la prétendue toute-puissance intellectuelle de son actuel et futur catalogue dans la formation de l’opinion publique. Et pourtant, dans cette petite mécanique éditoriale, son PDG Olivier Nora aurait perçu plus d’un million d’euros par an de rémunération.

Un million ! Et aucun écrivain démissionnaire de chez Grasset ne semble s’en émouvoir publiquement, eux qui veulent défendre le pluralisme éditorial et les auteurs...Circulez, il n'y a aucun sujet !

Car pendant ce temps, dans la chaîne du livre française, celui qui produit la seule richesse irremplaçable — l’écrivain — demeure le parent pauvre du système. Sans auteur, il n’y a ni manuscrit, ni catalogue, ni rentrée littéraire, ni prix, ni prestige mondain, ni dîners germanopratins, ni vanité éditoriale. Rien. Et pourtant, c’est l'auteur que l’on paie le moins, le plus tard, le plus chichement, souvent avec cette condescendance bien française qui consiste à lui faire comprendre qu’il devrait déjà s’estimer heureux d’être publié. Combien d'auteurs vivent de leur plume ? Comme les ONG, les maisons d'éditions, reposent sur un modèle économique basé sur le quasi bénévolat de la presque totalité de leurs auteurs.

Le scandale n’est donc pas seulement moral. Il est économique. Il est même systémique. Car cette affaire Grasset-Nora met en lumière une vérité que le petit monde de l’édition préfère soigneusement tenir hors champ et débat : la valeur produite par les auteurs retourne trop peu aux auteurs. Elle est captée ailleurs — par les structures, les appareils, les intermédiaires, les hiérarchies, et manifestement, dans certains cas, par des niveaux de rémunération devenus indéfendables. Il serait d’ailleurs salutaire, pour une fois, de pousser la transparence jusqu’au bout. Qu’on regarde les rémunérations des dirigeants des autres grandes maisons. Qu’on ouvre les fenêtres. Qu’on compare. Qu’on mette enfin des chiffres sur les postures morales. On découvrirait peut-être que le cas Grasset-Nora n’a rien d’une anomalie, et qu’il relève bien davantage du symptôme.

Que les grandes maisons d'éditions ne viennent pas ensuite nous expliquer que tout le secteur serait intrinsèquement fragile, qu’il faudrait sans cesse arbitrer, rationaliser, comprimer, sélectionner, réduire les risques, rogner les avances, publier moins, accompagner moins, défendre moins les livres en librairie. Car si l’on trouve plus d’un million d’euros pour rémunérer le patron d’une PME de moins de 40 salariés, soit un dixième du chiffre d'affaires de la maison, qu’on ne prétende pas ensuite qu’il n’y a plus d’argent pour mieux payer les écrivains, accueillir davantage de voix, soutenir des textes moins formatés ou laisser aux livres le temps d’exister.

Et dans ce contexte, certains "gardiens" du livre s’offusquent de la montée spectaculaire de l’autoédition...de tous les auteurs qui leur grignotent des parts de marchés, alors qu'ils ne leurs laissent pas d'autre choix que de court-circuiter ces même maisons d'éditions... Soyons clair, l’autoédition est aussi la conséquence d’un système qui rémunère mal ses créateurs tout en survalorisant ses gestionnaires. À cela s’ajoute le snobisme persistant d’une partie du monde du livre (librairies, médias..) à l’égard des auteurs autoédités, comme si une petite aristocratie culturelle continuait à décider seule de ce qui mérite d’exister.

Or, lors de la dernière édition du Festival du Livre de Paris, j’ai été frappé par l’enthousiasme d’un public très jeune, très nombreux, venu rencontrer ses auteurs de "niche" (dark romance, fantasy...), de véritables stars de la plume dont certaines ont fait de belles fortunes personnelles dans l’autoédition. Crise de la lecture des jeunes ? Il y a visiblement de nouvelles dynamiques en jeux. Car si les chiffres de fréquentation de cette grande messe annuelle du livre au Grand Palais ont explosé cette année, c'est grâce à eux, ces auteurs nouvelle génération. Ces véritables anarchistes du secteur de la création et de l'édition qui drainent des foules de jeunes lecteurs ! J'ai vu dans ce salon une ferveur réelle, massive, que beaucoup de maisons d'éditions installées regardent encore de haut (bien qu'elles aient été installées sur le plancher du Grand Palais, les petits éditeurs de "genres mineurs" et autres stars de l'autoédition relégués au balcon de l'édifice de verre...). C’est sans doute cela, au fond, le plus révélateur : le monde de l’édition méprise souvent ce que les lecteurs, eux, ont déjà choisi.

Et depuis peu, les cartes sont de nouveaux rabattues : Hachette Livre du groupe Lagardère et Bolloré a été le premier — et je crois encore le seul industriel de la distribution à ce jour — à accepter et permettre logistiquement, que les auteurs autoédités puissent être aisément diffusés en trois clics dans toutes les librairies physiques, de la grosse FNAC au petit libraire indépendant de quartier, du fin fond de l'Auvergne, d'Italie ou du Québec. Voilà donc un nouvel axe de développement pour les libraires qui veulent bien soutenir le travail des auteurs-éditeurs, une manière habile d'élargir leur offre, de diversifier leurs clientèles et ainsi d'améliorer leurs marges si difficiles à construire. L'autoédition n'est donc plus, par défaut, le domaine réservé d'Amazon KDP, car elle peut enfin aisément rentrer en librairie physique, sans passer par les imprimeries et les livreurs du géant américain ! On avance, on avance...

Auteur depuis 2018 de 7 premiers ouvrages qui ont su trouver leur public grâce à Amazon KDP et des librairies complices et intelligentes, à défaut d'éditeur volontaire, je bénéficie moi-même depuis mars 2026 de cette logistique Hachette Livre pour mon 1er roman « FERT – les veilleurs du col » imprimé en France par la plateforme Bookelis, disponible à la commande, comme n'importe quel ouvrage de grande maison d'édition dans toutes les librairies indépendantes du monde.

Voici enfin un vrai modèle gagnant-gagnant et vertueux pour l'auteur que je suis, le libraire qui voudra bien défendre mon travail et le lecteur qui ne veut pas cautionner Amazon.

Quant aux grands éditeurs, ils continueront à diffuser leurs auteurs aussi bien en librairie et en grande surface que sur la célèbre plateforme américaine, sans pour autant s’exposer au boycott des libraires, pourtant souvent prompts à le pratiquer contre les auteurs autoédités, liés jadis malgré eux et par défaut, au sulfureux imprimeur Amazon. Secret de polichinelle, ce dernier imprime également les ouvrages de grandes maisons comme L'Harmattan et tant d'autres qui ornent les rayons des libraires, mais chut - ne l'ébruitez pas trop...

Merci donc à l'imprimeur-distributeur Amazon-KDP qui permet aux auteurs de trouver boutique que maisons d'éditions et libraires n'offrent pas ou peu. La diversité éditoriale y gagne. Merci également à Hachette Livre de l'empire Bolloré, qui sait aussi inventer de nouveaux modèles pour donner leur chance aux petits auteurs en leur ouvrant - en France comme à l'étranger - les portes des librairies indépendantes.

Merci surtout à ces dernières qui savent chaque jour se réinventer.

Philippe Mugnier - auteur-éditeur - Que d'histoires !

 

 

 

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La culpabilisation d'être touriste, c'est un fonds de commerce !

Publié le 2 Juin 2020 par Philippe Mugnier dans Prospective, Marketing, Coup de gueule, Politique

Interview paru dans le magazine professionnel VOYAGES et GROUPE le 2 juin 2020 - propos recueillis par Dominique de La Tour 

Voyages & Groupe : Comment voyez-vous l'avenir du tourisme dans l'immédiat ?

Philippe Mugnier : J'aime d'autant moins jouer les futurologues que j'en vois plus qu'il n'en faut, ces temps-ci. Et tous semblent acter un « monde d'après », un « changement de paradigme », comme ils disent ! En deux mois seulement ? La crise est-elle vraiment structurelle ou juste circonstancielle ? Moi, je n'en sais rien, mais visiblement, il y en a beaucoup qui savent ! Tout ça avait commencé bien avant : l'environnemental, le durable, le shaming, cette honte de quoi ? De prendre... l'avion ? Mais on a derrière nous plus d'un siècle de honte à voyager en autocar ! Rien de nouveau dans ce que prétend imposer Greta Thunberg... La culpabilisation d'être touriste, c'est un fonds de commerce. Le Covid n'a fait qu'accélérer le mouvement. En fragilisant les esprits. Le rouleau compresseur normatif a pu ensuite passer. Dégoulinant de moraline, il a généralisé l'idée que l'industrie du tourisme s'était mal comportée.

 

VG : Une expiation ? Avec le Covid comme fléau de Dieu ?

PM : Avec ce rouleau normatif on ne peut plus regarder la réalité sanitaire en face. Je repense à ce bouquin de Jean-Didier Urbain, publié il y a quelques années. Il y avait ce concept « d'idiot du voyage », qui opposait avec ironie d'un côté du grand voyage, fait par les nobles adeptes du shaming, de l'autre le vilain tourisme des groupes, des mecs en autocar, des croisiéristes... A présent, tout le monde se plie à cette idée, au point que les pros du tourisme affirment d'eux-mêmes qu'ils travaillent pour une industrie qui n'est pas une industrie noble. Ils vont à confesse pour avouer l'horrible péché : avoir allongé des gens sur une serviette au Grau-du-Roi ! Le Covid fait renaître les ligues de vertu. Je ne devrais pas le dire, parce que c'est ma région, mais je vois aujourd'hui Auvergne-Rhône-Alpes présenter ses lettres de créances au « tourisme bienveillant ». Mais ça veut dire quoi, « tourisme bienveillant » ? Qu'avant, il ne l'était pas ? Qu'avant, il était malveillant ? Ma propre histoire familiale c'est celle d'un petit village de Savoie (Les Gets, NDLR.) qui, grâce au tourisme, a institué une bourgeoisie, et un prix au mètre carré aussi élevé que dans l'île de la Cité. Je suis fier que mes aïeux aient transformé le paysage et la sociologie.

 

VG : Vous voyez donc le tourisme comme une chose fondamentalement positive... ?

PM : Le tourisme, c'est l'industrie de la liberté, la plus libre qui soit : les vacances, c'est l'expérimentation : de nouvelles amitiés, une recherche dans la sexualité... les vacances, c'est l'espace-temps de la découverte, de l'ouverture, des rencontres. Toute l'année, on accepte le costume-cravate, sous réserve qu'enfin, l'été, il y ait ce carnaval des vacances, où on s'écarte de la norme, des préjugés. Avec l'adoption unanime du tourisme vertueux, on est en train d'accepter que les vacances soient aussi contraignantes que les non-vacances, qu'elles ne bousculent rien des habitudes, si ce n'est en se pliant à des chartes de comportement sécuritaires, qu'elles s'arrogent le droit de labelliser les destinations, de décréter laquelle est la plus sympa ou la moins sympa. 

 

VG : Mais il y a toujours eu dans les vacances ce conformisme de vous poser socialement... ?

PM : Bien sûr. Certains pays du Golfe n'ont absolument aucun intérêt touristique si ce n'est celui d'en parler à la machine à café au retour. On assume de s'ennuyer ferme sur place, en échange de la capacité à faire le malin devant les autres... On y est allé pour se distinguer. Comme d'autres vont à Barcelone pour se conformer. La liberté, ce serait d'aller où on veut vraiment aller : excellent remède au sur-tourisme !

 

VG : Le sur-tourisme n'est-ce pas toujours les autres ? On condamne le sur-tourisme à Amsterdam mais pour soi-même y aller, en y étant tout seul ? 

PM : Qu'Amsterdam cesse de faire sa promotion en n'invitant plus de journalistes ou en fermant la page Web en anglais ou en chinois, c'est ce qu'on appelle un marketing de fuite par opposition au marketing du venez-à-moi. « J'arrête de vous dire de venir, et je vous dis même que j'arrête de vous le dire ». Ce n'est que la repentance de ceux qui comptent se réserver un tourisme élitiste... et interdire aux autres le tourisme de groupe. Le vertueux chemin de Saint-Jacques devrait s'imposer à toute la « planète »sous le masque du « durable » ? Leur « slow tourism » est une manière discrète d'interdire le tourisme de tous. Mais c'est mathématiquement impossible. 

 

VG : Tout comme il est de bon ton de haïr les compagnies low cost... ?

PM : ...qui permettent pourtant de découvrir Skopje et la Macédoine du Nord, ou de pousser les gens vers le télétravail en Dordogne tout en faisant revivre les campagnes. Mais le Coronavirus, c'est le Sida du tourisme. OK on prend la capote. OK on prend le masque. La sexualité n'a pas disparu pour si peu. Pourquoi le voyage disparaîtrait-il ? Que les corps sanitaires fassent leur boulot, que les corps de l'Etat aillent dans le sens du corps médical, mais pourquoi les pros du tourisme intègrent-ils si vite cette invitation à ne pas aller en Europe ? Aller en Allemagne plutôt qu'en France, c'est courir le même niveau de risque, pourtant... Sans les pros du tourisme, la jouissance hédoniste du tourisme, qui va la porter ? Qui va contrebalancer ? Où sera le contrepouvoir si l'on a un excès dans le sanitaire ? Une fois que le gros de la crise est passé, il faut revenir à l'hédonisme ! Que ceux qui, dans le tourisme, ont une voix forte, rappellent qu'on est des toubibs, car notre industrie est destinée, non à faire le mal, mais au contraire à faire du bien à la tête ou au corps. Marcher sur la plage ou dans les montagnes... Dans le temps, les cures étaient remboursées. 

 

VG : En quelque sorte, on serait passé de l'éloge de la gastronomie à celui du jeûne ?

PM : Tout-à-fait ! C'est effrayant, les effets du Covid : on avait une fenêtre de tir pour l'universalisme à la française qui aurait pu réaffirmer que le livre était aussi important que le pain. Au lieu de ça on a fermé les librairies et attaqué Amazon. Pareillement, on a abdiqué la responsabilité morale du tourisme par rapport à un besoin fondamental de se confronter à des gens qu'on ne rencontre jamais dans la routine professionnelle ou villageoise. Si on acte du fait que le tourisme, c'est pas bien, on accepte de rester dans la sociologie cloisonnée du reste de l'année, on accepte une société clivante comme toute société dirigée et segmentée par le marketing.

 

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Bientôt un certificat de bon touriste apte à voyager ?

Publié le 19 Mai 2020 par Philippe Mugnier dans Politique, Marketing, Coup de gueule

Interview paru dans le numéro de mai 2020 du magazine HUG spécial "Mise à nu" pour le dossier "Ils imaginent un tourisme meilleur". A découvrir via  https://lnkd.in/dRCUdpR

 

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Défenses des adeptes désignés du tourisme supposé inéquitable, égoïste et immoral !

Publié le 3 Février 2011 par Philippe MUGNIER dans Coup de gueule

Fumeuse, intrigante voire inquiétante la multiplication récente de nouveaux clercs dans leurs chapelles parfois dogmatiques, souvent prétentieuses et sures d’elles même pour décrire une réalité touristique à leur yeux fort insatisfaisante et prétendre la changer via de nouveau concepts et produits dans l’air du temps tels le « Tourisme équitable », le « Tourisme éthique », le « Tourisme solidaire », « Tourisme durable ». Intentions louables dans leurs fondements à priori – je suis comme eux, j’aspire pleinement en intentions et en actes via mes pratiques touristiques à la paix dans le monde, l’éducation, la richesse et la santé pour tous les humains dans un environnement préservé de la folie des hommes sauf que choisir de s’autocélébrer et se présenter comme adeptes et promoteurs du « Tourisme éthique », « Tourisme équitable » ou « Tourisme solidaire », « Tourisme durable », revient par la même à créer les catégories opposées - par lesquelles les non-adeptes de la "bien faisance" touristique sont par oppositions et non adhésion censés se caractériser et se ranger logiquement.

Ceux qui n’ont jamais acheté de leur vie un produit labellisé et auto-proclamé « Tourisme éthique », « Tourisme

équitable » ou « Tourisme solidaire », seraient donc des vacanciers adeptes du « Tourisme immoral », « Tourisme égoïste » ou « Tourisme inéquitable» , « Tourisme éphémère »? Créer et promouvoir ces notions en mon sens moralisantes revient à désigner les « purs » et les « nobles » d’âme et d’action d’un coté et les « salauds » et « vils » de l’autre. Mais que fait le parlement, que fait la police ? Si les soucis dénoncés par certaines de ces nouvelles mouvances touristiques n'étaient pas aussi graves, le "Code du Tourisme" n'aurait-il pas changé radicalement la donne à coup de Lois, Décrets contraignants et peines sévères ? Puisque non, j'en déduis que l'heure n'est pas si grave...je fais encore confiance en la sagesse du Parlement et réalisme de la Justice... Souvent, je rêve de poser les questions suivantes à certains activistes de la noble cause moralo-touristique. Dans leurs réponses (ou plutôt non-réponse), l'euro-centrisme joue souvent à plein. 

  • Les militants d’un tourisme chez l’habitant en Mauritanie ouvrent-ils la porte de leur appartement parisien aux touristes coréens ou émiratis de passage ?
  • Les tentes de SDF sur les bords de Seine à 300m du « George V » suscitent-elles les mêmes indignations que les favelas à proximité du centre ville de Rio ?
  • Les militants du droit à la découverte du monde pour tous, mettent-ils en œuvre des systèmes de financement de vacances dans l'occident riche pour papous ou roumains peu fortunés ?
  • Les moralisateurs stigmatisant le tourisme sexuel entre adultes consentants à l’étranger ont-ils bien mesuré la réalité du tourisme sexuel international dans l’économie touristique parisienne, de la ville d’eau de Châtelguyon ou du camping des Flots Bleus à Palavas ? 
  • Les acheteurs de « packages » certifiés tourisme éthique et durables en forêt amazonienne ont-ils traversé l’Atlantique en kayak ou en montgolfière pour limiter au mieux l’émission de Carbonne ?

Dans les années 30, mon grand père alors pauvre paysan avec une famille à nourrir dans les Alpes fermées au monde extérieur et aux modes de vie rétrogrades, a fait le choix de changer radicalement sa vie en une génération à peine pour être acteur à pleines dents du  tourisme de masse globalisé et pour grande partie financé et piloté par des pays voisins alors beaucoup plus riches. Pour ma part, je ne suis pas né comme mon père dans une ferme misérable mais dans un hôtel. Deux générations plus tard, je pense donc toujours à lui avec grand respect et reconnaissance lorsque au nom de l’éthique, de la durabilité, de la préservation d’us folkloriques et des modes de vie traditionnels j'entends encore parfois quelques nouveaux Ayatollahs de  la « bien-pensance » touristique qui déballent leurs  grands principes moralisateurs pour ceux qui tombent dans leurs pièges culpabilisants.  Merci grand père - j'adore ce que ton village www.lesgets.com est devenu et m'a permis d'être.

L’enfer est pavé de bonnes intentions… 

 

« La valeur des vacances, c’est la vacances des valeurs " Edgar MORIN 

 

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Estetikatour.com - TO tunisien spécialiste de l'hyménoplastie

Publié le 21 Septembre 2009 par Philippe MUGNIER dans Coup de gueule

Je suis frappé, ne trouvez vous pas que le logo d'Estetika Tour, voyagiste tunisien spécialiste de la "reconstruction de l'hymen" -  ressemble terriblement au nouveau logo de promotion de la destination France ? Clin d'oeil marketing aux récentes décisions de justice qui invitent Mariane à se présenter vierge devant le Maire, représentant municipal de la République ? Inch'allah, chez  www.estetikatour.com/hymenoplastie.shtml,  

Mariane n'a pas la poitrine à l'air et son hymen est dûment recousu... ouf la morale est sauvée du côté tunisien - la virginité est retrouvée. Estetikatour est donc un voyagiste à classer dans la catégorie "tourisme éthique". Du côté français, notre mariane passerait même pour une vraie "trainée"...  avec sa poitrine charnue, son sourire aguicheur et la couleur rouge qui rappelerait les rouges à lèvres les plus sensuels...


 

Fausses vierges, l'industrie du tourisme a donc pensé à vous (qu'elle industrie merveilleuse dites donc...cela s'appele du "marketing de niche"). Pensez donc, prix d'un "package hymenoplastie all inclusive" (ça veux dire "open bar" - on a beau vouloir redevenir vierge, un whisky coca au bar de l'hôtel reste cependant bienvenu) = 1250 €  - à peine !!! Avouez que ce prix modique est un bel incitateur à profiter pleinement de sa vie sexuelle post-pubère et pré-mariage.
Merci Estetikatour pour votre forte contribution à l'épanouissement sexuel avant mariage et vôtre politique de coûts bas accompagnant pleinement la libération sexuelle de la femme. Une réserve cependant,  vos coûts modiques sont de vrais incitateurs à la débauche avant mariage. Là vous allez très loin dans l'incitation à la luxure et dépravation. Mais puisque les "autorités" touristiques (Syndicat National des Agents de Voyages et Office du Tourisme Tunisiens, Organisation Mondiale du Tourisme garante de la bonne exécution de la "Charte du Tourisme Ethique" ..) ne trouvent rien à redire, je prends acte. Je m'incline...

 

Machos crétins et  soumises (voir PS1* - bougez vous les filles ! Où sont les passionaria qui sommeillent en vous ? Débout ! Réveillez-vous ! Révoltez vous ! La liberté ne se demande pas, elle se conquiert!) de tous pays  www.estetikatour.com/hymenoplastie.shtml - ce site est pour vous! Prochaine étape prévisible : des charters de fausses mais futures vierges sur les lignes de VIRGIN ATLANTIC Paris Charles de Gaulle/Monastir  ?


PS1* : "No one can make you feel inferior without your consent" - Anna Eleanor ROOSEVELT
"Je me révolte, donc nous sommes" - Albert CAMUS

PS2. Estetika Tours n'a rien inventé -  en effet, il y a environ 2000 ans, au tout début du tourisme, une touriste vierge fit le voyage de Judée pour Bethléem  dans une chambre d'hôte très très sommaire car mal chauffée où bon nombre d'animaux se sont tapés l'incruste : boeuf, âne, cafards, ... (nous n'avons pas retrouvé le nom du tour-opérateur de l'époque, il a du faire faillite). Bien que mère de famille, elle resta pourtant vierge pour la postérité... Certainement l'effet de 3 mages chirurgiens venus du désert tunisien...


 

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